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Dina Podolsky

P O R T R A I T

Passé

COMPOSÉ

Virginie  Krysztofiak

Dina Podolsky est née en ex- U.R.S.S., a Moscou très exactement, en 1953. Après avoir vécu une dizaine  d’années en Terre sainte, c’est ì Montréal qu’elle a choisi d’exercer son art   depuis le milieu des   années    quatre-vingt. Tout d’abord formée  l’Institut poly graphique de Moscou, elle a ensuite fréquenté le  Bezalel Academy of Art de Jérusalem ainsi que l’Avni Institute of Fine Arts de Tel-Aviv.

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Podolsky semble donc appartenir à ce groupe toujours croissant d’artistes, émigrants pour les uns,  réfugiés pour les autres, qui occupe une place de plus en plus prépondérante au sein de la communauté artistique d’ici. Parler de différences d’origines n’implique, ici, aucune forme de ghettoïsation ou de marginalisation abusive. Au contraire, il s’agit plutôt de faire valoir la richesse de ce camaïeu de cultures 

Memory,1997, techniques mixes, 90 x 120 cm.


PARCOURSL'INEORMATEUR DES ARTs
 

In the Studio, techniques mixtes sur papier, 71 x 94 cm


Red Crinoline, 1997, techniques mixtes, 120 x 90 cm.
 

et de tendances afin de mieux N comprendre les sources d’inspiration des œuvres présentées. Un Exercice essentiel en ce qui concerne le travail de Dina Podolsky puisque son oeuvre est l’éminent témoignage de ses racines slaves, mais aussi, et peut-être de plus en plus, une réflexion sur le temps es le souvenir, es sur la distance ou le s rapprochement qu’ils entraînent vis-à-vis de la mémoire du passé.    Lo langage pictural de Podolsky est donc personnel, voire autobiographique. Cependant, l’artiste fait sabir à l’image qu’elle révèle noir une déformation, soit une forme d’idéalisation fictive va poétique des évènements vécus. Avec sa mémoire pour outil, Dina

Podolsky a souvent fait émerger    des formes ou des figures en    exploitant de constantes ambiguïtés avec le fond pour suggérer un souvenir qui refait surface. L’artiste reconnait aujourd’hui cette période comme une phase d’essai     et d’exploration, mâtinée peut-être d’une légère confusion. Chahutée par un chaos intérieur qui accompagne une période de transition ou de passage, Dina Podolsky y voir également les effets de préoccupations qui tournaient alors beaucoup plus autour du    sens que dols forme du message qu’elle tenait à  livrer.

Ses œuvres récentes semblent r par contre confirmer l’hypothèse d’une affirmation d’elle-même et de son art. Elle jouit, en effet, aujourd’hui 

Layers of Time, 1997, techniques mixts, 60 x 120 cm


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Son œuvre est l’éminent témoignage de ses racines slaves, mais

aussi, et peut-être de plus en plus, une réflexion sur/e temps et

le souvenir; et sur la distance ou le rapprochement qu‘ils

entraînent vis-à-vis de la mémoire du passé.

d’une sérénité es d’une impression d’achèvement qui transfigurent tout à fait son travail. Le langage pictural se précise au fil    de la progression des toiles anse  de plus en plus de force es de conviction. Le sens est davantage  avoué, assumé. Elle retrace un monde, le sien, qui prend naissance à la source même de sa propre enfance, des impressions et des objets qui y sont rattachés. Les figures, qui ont aussi pu témoigner de la tradition iconographique orthodoxe, sont moins nombreuses et mieux cernées. L’objet prend davantage de place et ses contours sont mieux définis. L’image est objectivement

 construite, la lecture du canevas plus évidente. En d’autres termes, le sens et la forme semblent davantage maîtrisés, voire acceptés. Ce nouvel  état n’enlève cependant ni spontanéité ni poésie à un travail et à une artiste qui sont ici résolument complices.  Les référents au temps sont, quant à eux, nombreux et parfois même explicitement représentés. On pense alors à cette pendule visiblement antique qui, pourtant, semble indiquer un instant présent du fait de l’illusion créée par le mouvement de son balancier, objet du passé qui parvient à influencer la réalité actuelle de l’artiste. Dina Podoisky a également porté une attention toute particulière à ses effets de texture et de patine. Empâtements, travail de la toile, collages et vernis ajoutent à cette idée de vieillissement, d’érosion, dus au passage du temps. Ses objets de

prédilection actuels prennent la forme de larges corbeilles de fer-blanc, de ces barils d’acier alourdis de terre, rongés par le feu, le soleil et la rouille, dans lesquels elle pique une poignée de fleurs. Podolsky joue par ailleurs de plus en plus avec la lumière, et exploite parce biais des effets de profondeur, d’ombre et de clarté dans des tonalités qu’elle rend chaudes et vibrantes. Elle s’est aussi indéniablement laissé gagner par la couleur, les bleu, rouge et ocre venant en larges taches vitaliser ses nouvelles compositions. Le travail récent de Dina Podolsky ressemble donc fort à la synthèse d’une réflexion aboutie, amalgame d’une culture passée au sens le plus littéral du terme, puisque l’U.R.S.S. n’existe désormais plus, et de la mémoire vivante de ceux qui en transmettent le souvenir et la sensibilité.

Moscow Notes, 1997, techniques mixtes, 120 x 90 cm.


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